Albertine Retrouvée


Description : Récits érotiques d'une catin cérébrale.
Type du podcast : Audio
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Albertine Retrouvée, Récits érotiques d'une catin cérébrale.

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    Albertine retrouvée
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    Le bonheur sur le sofa

    Hier Alexandra m'a demandé si on pouvait fêter mon anniversaire quelques jours après, ou s'il était préférable de ne plus en parler. Elle avait tout compris de travers. Elle pensait que j'avais peur de vieillir! Criss, non, je veux être une vieille sage! Je me prépare, je rêve de ma vie de vieille écrivaine depuis si longtemps. Si je suis troublée d'avoir vingt-huit ans, c'est seulement parce que je me trouve trop jeune! Elle pensait que j'inventais des histoires afin de nier mes malaises. Je lui ai dit qu'en effet c'était peut-être préférable de ne plus parler de mon anniversaire. Nous avons baisé à la place. Ses seins me manquaient tellement, et mes mains autour de sa taille, Dieu! Après que nos chairs furent consommées comme il se doit, Alex m'a proposé d'écouter des South Park. Elle avait la huitième saison dans son sac. Nous nous sommes installées toutes les deux collées dans mon salon pour se lancer avec grand bonheur dans une écoute intensive de South Park. Dominique est arrivé en plein coeur de cette scène. Il a ouvert la porte. Il est resté au bas de l'escalier et m'a demandé s'il pouvait monter. Alexandra lui a répondu avec empressement de monter, alors qu'elle ne savait même pas de qui il s'agissait. Elle m'a dit dans l'oreille : « Il rentre comme ça chez toi, lui? Moi aussi, je voudrais faire ça ». Puisqu'Alex me parlait, je n'ai pas remarqué la face consternée de Dominique. « Vous écoutez ça? ». Bon, bon, le garçon depuis peu adulte ne savait pas que j'étais pipi et caca! J'avoue ça doit être tout un choc à encaisser. « Je ne veux pas vous déranger, je venais seulement chercher un livre ». J'ai expliqué à Dominique que nous étions en train d'écouter des South Park post-coïtaux, qu'il pouvait donc s'installer sans craindre de nous déranger. C'est tous les trois sur mon divan que nous avons goûté aux plaisirs pipi-caca.

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    Le désir disparu

    Je marchais très tôt ce matin sur Ste-Catherine, à une heure où étonnamment les prostitués traînent encore dans la rue. Je devais être à la hauteur du métro Frontenac lorsque l'événement s'est produit. J'ai croisé une femme. Nous étions seules dans cette portion de la rue, alors que habituellement il y a des vieux messieurs louches qui s'installent avec des chaises sur le trottoir. Elle s'est tournée vers moi et a levé son chandail. J'ai encore un souvenir précis de ses seins. Je dois toutefois vous dire que ça n'avait rien d'érotique. Ce n'était même pas viandeux. Je veux dire qu'il n'y a pas de « jus », de désir dans un geste comme celui-là. À la limite, on se demande si ça mettait réellement en présence deux êtres humains et une action. Je portais des verres fumés. Elle n'a même pas pu voir une réaction dans mes yeux. Étant une jeune femme en plus, de toute évidence, je n'étais pas la candidate idéale si elle désirait vraiment provoquer quelque chose. Dans les faits, je suis peut-être une des rares femmes qui a déjà songé à recourir aux services d'une pute. Pour satisfaire ma curiosité, bien sûr, et certaines envies perverses. Je ne l'ai pas fait, parce que je ne suis pas certaine d'être apte à en faire une expérience véritable, c'est-à-dire à aller jusqu'au bout du projet. Je m'imagine mal en cliente sexuelle. Ce qui m'intrigue, c'est justement le mouvement marchand, je ne voudrais pas le subvertir en flirtant genre (dans la mesure où je suis capable de flirter) avec la femme engagée. Il faudrait la traiter complètement comme un produit. À mon avis, la femme qui m'a montrée ses seins exprimait (si quelque chose s'y exprime encore) à travers ce geste, qu'on considère habituellement comme un acte de provocation, son absence totale de désir. Je ne crois pas qu'elle s'est présentée à moi comme une animale. J'ai l'impression d'avoir été en présence d'un non-sujet. Ce n'est pas parce qu'elle est une prostituée, qu'elle était sans doute droguée, que je la vois comme un non-sujet. Nous sommes dans un monde où le sujet s'absente de plus en plus, alors qu'il est mis sans cesse de l'avant. Ce n'est pas le premier non-sujet que je rencontre, ça me blesse toujours davantage. Nous ne sommes pas dans le monde de Baudelaire du Spleen de Paris. Elle n'était pas le narrateur du « Mauvais Vitrier » qui se levant mélancolique décide de provoquer un événement (« Un matin je m'étais levé maussade, triste, fatigué d'oisiveté, et poussé, me semblait-il, à faire quelque chose de grand, une action d'éclat; et j'ouvris la fenêtre, hélas! »). Elle ne cherchait pas à choquer comme l'étudiante qui a montré ses seins en classe à Adorno, elle ne rigolait pas comme Diogène en commettant ce geste, elle ne voulait pas se sortir de l'ennui comme le narrateur de Baudelaire,  elle a seulement cessé d'être, son geste est le pénultième afin d'en rendre compte. Peut-être que son compte-rendu servira.



    L'éclat

    Hélène m'a annoncé hier matin qu'on ne baiserait plus.



    Les célébrations

    C'est mon anniversaire demain. Je suis occupée par les derniers préparatifs en vue de l'événement. Je suis obsédée. Je ne dois rien oublier. J'ai menacé Hélène. Si elle tente d'entrer en contact avec moi d'une quelconque manière cette semaine, j'ai juré que je ne lui adressais plus jamais la parole. J'ai menti à Dominique en lui disant que je sortais quelques jours en dehors de la ville et que j'avais prêté mon appartement à un ami peu sympathique. J'ai repensé à mes derniers contacts avec Brigitte afin de m'assurer qu'elle ne connaissait pas le jour de mon anniversaire. J'ai préparé des insultes très violentes pour Alexandra si jamais elle tente de me voir, malgré mes dernières invectives. J'ai eu une dispute geek avec Louis en lui disant que The Abandoned était un film d'horreur respectable et qu'il était con s'il ne comprenait pas que les zombies-fantômes-doppelgangers, c'était l'idée du siècle. J'ai dit à Isabelle que je ne voulais pas sortir de chez moi, sans avoir besoin d'en rajouter. J'ai expliqué à Laurence que je ne voulais pas pleurer en sa présence. J'ai donné à Philippe Séguin des conseils pour tromper sa femme. ll devrait être occupé. J'ai fait croire à Édith Faure que je travaillais sur un projet de livre très important et qu'il m'accaparait corps et âme. J'ai écrit à Paul pour lui dire que j'étais d'accord avec lui. J'ai rappelé à Steve la soirée où il avait eu des problèmes érectiles en échouant à retenir un petit rire. J'ai demandé à M. et Mme Bouquet d'organiser un souper et j'ai dit à ma mère que je désirais manger de la lasagne. 





    Le pauvre

    J'étais vendredi dernier vers 19h à la SAQ sur St-Denis près de Duluth. Je précise le lieu et le temps pour les Montréalais. Ils pourront se faire une image plus claire de la scène. À cette heure-là, c'est la folie! Tout le monde achète du vin dans ce point de la ville. J'allais acheter des bouteilles moi aussi. J'attendais dans la file pour payer mes bouteilles qui allaient assurer la réussiste de ma soirée. Deux ou trois verres et j'allais être Albertine-la-party-animal. Derrière moi, il y avait une super chick américaine, vraiment trop belle, avec un genre de beau gars. Je l'ai écoutée longtemps et elle me semblait forte intelligente en plus. Aaaaaah, mais le Québécois qui l'accompagnait. Quelle horreur! Disons que ce n'était pas une lumière lorsqu'il était en temps d'avant-baise. Il n'était pas maladroit, non, non, ça, ça aurait été intéressant. Il était seulement lamentable. Il ne gagnerait pas dans une compétition de séduction. Ils devaient aller souper tous les deux dans un resto sur Duluth et le mec devait espérer pouvoir se mettre. Je suis certaine que la super chick voulait réellement se mettre aussi, sinon elle n'aurait pas enduré l'homme. J'étais vraiment dégoûtée par ses techniques minables de séduction, la jeune américaine méritait plus d'envergure! Elle méritait un homme charmant et distingué, pas un gars banal. Au fond, ses méthodes s'incrivaient au sein d'une technique commune utilisée par les hommes. Si vous connaissez déjà mon dégoût immense pour la chose, vous vous doutez qu'il devait l'appeler « mademoiselle » en croyant que ça constituait un gage de charme et qu'il ne fallait pas en mettre davantage pour que la femme tombe. « Mademoiselle », « gente dame » (à moins d'être un geek maladroit) ou autres appelations du genre, c'est à proscrire si vous aspirez à devenir un homme charmant et distingué. Pour fourrer, ça au moins le mérite d'être clair. Toutes les filles savent qu'un « mademoiselle » signifie que la baise est possible. Mademoiselle ne veut pas dire que tout est gagné, mais souvent ça signifie « Tu m'excites potentiellement ». J'espérais pour elle que le genre de beau gars avait au moins une grosse queue ou un quelconque attribut sexuel, à défaut d'être pourvu de qualités humaines quelconques, qui ferait qu'elle ne soit pas trop dégoûtée par le Québec.



    La découverte

    Je ne vous ai pas raconté ça. L'autre jour Dominique est venu chez moi, il avait plein de questions au sujet de la jeune fille qui était avec moi au spectacle. Le garçon depuis peu adulte avait les yeux grands et brillants comme un adolescent en manque depuis l'origine alors qu'il me décrivait à quel point la fille qui m'accompagnait était belle. J'ai répondu d'un ton peu intéressée : « Ouais, pas mal, c'est une future actrice ». Il m'a confié ensuite que ça avait chié avec sa festive et qu'il se demandait si je pouvais lui présenter Alexandra. Il était bien charmant et essayait de me faire croire qu'il était certain que j'avais les talents secrets des grandes entremetteuses. J'ai bien sûr nié tout potentiel d'entremetteuse. Il en rajoutait et continuait de me décrire la splendeur du corps d'Alexandra. J'ai fini par répondre qu'il me tannait et que anyways c'était une gouine. « Enfin, pas complètement, mais elle ne s'intéresse pas aux garçons à peine pubères ». Il s'est éloigné un peu de moi et puis m'a regardé avec un grand sourire : « Tu veux dire que vous couchez ensemble toutes les deux. Je le savais que tu me cachais le meilleur ! » Il souriait de plus belle et hochait la tête d'un air préoccupé. Il est allé vers ma bibliothèque, a attrapé le livre qu'il venait chercher et est sorti.



    Le tact

    Alexandra est débarquée hier chez moi sans crier gare, alors que j'étais sur le point de me mettre au lit. Je suis sauvage, vous le savez, ce n'est pas le genre de geste que j'apprécie à moins que je n'aie pris soin de signaler à l'individu en question qu'il pouvait surgir n'importe quand chez moi en lui faisant le don d'une clé, par exemple. Ce n'était pas le cas avec Alex. Mais que voulez-vous, elle est comme ça. J'étais quand même heureuse de la voir lorsque j'ai aperçu son corsage qui dévoilait ses seins appétissants. J'ai descendu ma bouche jusqu'à ses seins puis j'ai dirigé ma main entre ses cuisses. « Ah non, Al! Je ne peux vraiment pas! J'ai la plotte en chou-fleur! Ça fait trois jours que je suis avec Spi, ça arrête pu! » Elle n'était donc pas là pour m'offrir sa tendre chair, oh non. Elle avait plutôt besoin de me confier tous ses tracas. D'abord, il y a le cégep qui venait de commencer et son horaire est à chier, puis son prof d'interprétation est un sale con, et financièrement, ça ne va vraiment pas, son compte de cellulaire lui coûte trop cher et elle pense à crisser sa job là.

    Un peu lasse de l'écouter me déballer toutes ses histoires, j'ai fini par lui dire, avec tout le tact qui m'est propre : « Ok,si je comprends bien, tu es juste venue ici pour me parler de tes problèmes? » Elle m'a regardée d'un air ahuri, comme si ma question était impensable: « Euh, ben oui, ce n'est pas ça que font les amis, écouter leurs amis leur parler de leurs problèmes quand ils en ont? » Je n'ai rien répondu, par délicatesse. Oui, c'est ce que font généralement les gens, écouter les problèmes de leurs amis. Pas moi. Elle m'a dévisagée, juste avant de me lancer « T'es donc ben chienne, Albertine! », puis elle est partie. Je suis allée me mettre au lit. De toute évidence, elle faisait erreur sur la personne. »



    L'huile sur le feu

    J'avais rendez-vous chez ma femme mariée il y a de cela maintenant quelques heures. Je suis arrivée un peu en retard. Ça n'a pas fait en sorte que j'évite une mauvaise rencontre. Son mari, tout heureux et souriant, m'a fait entrer dans leur demeure en me demandant si j'étais bien Mademoiselle Albertine. J'ai fait la timide afin de cacher un malaise plus profond. J'ai hoché la tête à l'affirmative. Le mari a même ajouté : « Brigitte m'a dit que vous écrivez. De la littérature, c'est ça? ». J'ai bredouillé un tout discret « ouais, de la littérature » alors qu'elle arrivait sur les entrefaites. J'espérais qu'elle pourrait voir mon regard qui l'implorait de mettre un terme à la conversation.  Son mari lui a demandé si nous allions sortir. Elle a répondu non. Il avait l'air intrigué et amusé : « Alors vous allez faire quoi? Jouer aux cartes? ». Je vous ai déjà dit que son mari est un intellectuel respectable que j'estime beaucoup. Il est aussi un « comique ». Un intellectuel, un universitaire de surcroît, peut être drôle, mais lui, non! Il met toutefois beaucoup de coeur pour l'être. Que voulez-vous, ce n'est pas donné à tout le monde! Brigitte lui a répondu que nous allions en effet jouer aux cartes en regardant les soaps d'après-midi à la télé. Il était heureusement sur son départ. Il m'a dit qu'il avait été ravi de faire ma connaissance et qu'il s'excusait de nous laisser seules à nos belles occupations. « Je regrette de ne pas être des vôtres ». Si seulement, il savait à quel point! Aussitôt que la porte fut refermée, nous étions déjà dans les bras l'une de l'autre. Je m'empressais d'ouvrir son pantalon. Elle est toujours en manque, mais aujourd'hui ça atteignait un sommet. Elle m'a dit qu'elle s'était masturbée trois ou quatre fois le matin et que ça avait aggravé son état au lieu de la combler. Je ne me plaignais pas. Oh Dieu, non! 



    Un des condoms

    Je suis obsédée par cette histoire des deux condoms non utilisés expirés que j'ai trouvé dans mon sac. Je repense à cette époque et cherche les baises manquées. J'en ai peut-être retrouvé une. Hier, je me suis rappelée d'un jeune homme qui me parlait dans un bar. La musique était forte. Nous devions nous parler près de l'oreille pour entendre quelque chose. Une des premières choses que j'avais entendu était : « Je suis hongrois ». C'est que je croyais. En réalité, il avait plutôt dit : « Je suis en droit ». J'ai compris par la suite. Pendant notre conversation, j'étais impressionnée par la qualité de son français et ne remarquais pas du tout qu'il avait un accent bien québécois. Nous nous entendions très mal, ça aidait à alimenter le quiproquo. J'ai toujours trouvé l'anecdote amusante. J'y repense des années plus tard et me dis qu'il devait peut-être me cruiser. Je sais que je suis clueless pour ces choses-là. La liste des tentatives de séduction que j'ai comprises après coup est bien longue. Mais le réaliser des années plus tard, ça dépense les limites acceptables du clueless. Le gars aurait donc commencé la conversation par « Je suis en droit ». Il me semble que c'est un truc qu'on dit pour impressionner. S'il voulait m'impressionner, ça veut dire qu'il voulait fourrer. Ah je suis bête! Je devais vraiment vouloir baiser ce soir-là moi aussi, pour être allée dans cet endroit.



    Remplissage

    Ah ça ne va vraiment pas aujourd'hui! Je peine à écrire. Je ne comprenais pas ce qui se passait - je déborde d'énergie, le temps est parfait , ensoleillé mais pas trop chaud, j'ai tout le Darjeeling que je désire - jusqu'à temps que l'évidence me saute au visage: il y a bien trop longtemps qu'une bite s'est insérée dans ma chatte! Une écrivaine ne peut pas être productive si elle ne se fait pas remplir régulièrement ses orifices - son vagin au premier chef, ne nous le cachons pas!

    Je viens donc de laisser un message texte sur le cell du garçon à peine adulte dans l'espoir que ses valeureux coups de bite sauront me remettre à l'ordre! « J'ai vraiment besoin de me faire remplir la chatte. Tu as toujours mes clés. Viens directement chez moi. Tu peux passer à n'importe quelle heure, je vais être chez moi à travailler toute la fin de semaine, anyway. Faque c'est ça. » Certes, n'importe quelle queue ferait l'affaire, je vous le concède. La sienne n'est même pas remarquable. Mais il a tellement de vigueur... Et il peut me prendre plein de fois de suite. Bref, c'est la sienne que je veux, pas une autre. J'espère qu'il va passer. Autrement, il faudra bien que je trouve une autre façon de me remettre au travail.



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